Auteurs : Danielle Kaisergruber, Hervé Queneau et Emmanuelle Thibault
Direction du Commerce Intérieur
SOMMAIRE
Les évolutions du nombre d’établissements commerciaux
Évolution de l’emploi direct de 1982 à 1996
Les emplois induits : comparaison entre les différentes formes
Le développement des grandes surfaces et des magasins spécialisés qui se greffent autour, témoigne d'une évolution du comportement des consommateurs. Une interrogation légitime se pose alors concernant le devenir des petits commerces. Cette étude réalisée par Bernard Brunhes Consultants sur une agglomération, retrace par des résultats chiffrés, les évolutions du commerce qui ont eu lieu sur plusieurs années et leur impact sur l’emploi. Elle fournit ainsi des éléments qualitatifs susceptibles d'alimenter le débat tant au plan local qu'au plan national.
Globalement, le nombre d’établissements commerciaux de l'agglomération étudiée a diminué entre 1990 et 1996 passant de 2213 à 1710 établissements. La baisse a été plus marquée pour les entreprises individuelles (-34 % entre 1990 et 1993).
La baisse du nombre de commerces d’alimentation générale est très sensible (-45 % entre 1990 et 1996) et peut indéniablement être mise en relation avec la forte hausse du nombre de grandes surfaces alimentaires (+29 % sur la même période). Un facteur d'explication réside dans l'évolution du comportement du consommateur qui veut aujourd’hui pouvoir choisir ses produits parmi une vaste gamme, ce qui exige de disposer de suffisamment d’espace pour présenter l’étalage requis. Les petites surfaces sont, dès lors, délaissées au profit des hypermarchés ou des petits supermarchés de proximité.
Dans le non alimentaire, le secteur le plus touché est celui de l’équipement à la personne (textile, habillement, chaussures et articles de cuir) qui a connu entre 1990 et 1996 une baisse de près de 30 % de ses établissements. Cette évolution peut être corrélée au développement des grandes surfaces spécialisées qui répondent mieux aux attentes du consommateur. Celui-ci tient à avoir le choix sur des produits qui doivent être, en plus, de bon marché. Il recherche en outre des produits de marque et se tourne pour cela vers les boutiques franchisées 1 des centres commerciaux, plutôt que sur la boutique de prêt à porter "de quartier".
Entre 1982 et 1996, les effectifs du commerce de détail se sont accrus de 10 %. En équivalent temps plein, la hausse a été un peu moins importante (8 % si l’on fait l’hypothèse que les indépendants travaillent à temps plein). Toutefois les résultats sont contrastés à l’intérieur du secteur :
Il est intéressant de constater que dans le commerce de détail alimentaire et dans le commerce de l’équipement du foyer, il est observé simultanément une diminution sensible du nombre d’établissements (respectivement - 33 % et -15 % entre 1990 et 1996) et une hausse assez nette des effectifs en équivalents temps plein (respectivement + 12 % et + 24% entre 1982 et 1996).
Dans le commerce de l’équipement de la personne au contraire, la corrélation est positive, c’est-à-dire que l’on observe simultanément une baisse du nombre d’établissements (- 28 %) et une baisse des effectifs (- 32 %). L'explication de ces différences tient au fait que les grandes surfaces à prédominance alimentaire ont en moyenne 53 employés par magasin, les grandes surfaces spécialisées dans l’équipement du foyer 20, les grandes surfaces spécialisées dans l’équipement de la personne, 12.
Pour 1000 m² de surface, les hypermarchés sont ceux qui induisent le plus grand nombre d’emplois (6,6 emplois induits/1000 m²), aussi bien en interne (entrepôt, transport et siège), qu’en externe (galerie marchande) 2
Les grandes surfaces spécialisées, quant à elles, sont, à surface égale, moins riches en emplois induits que les grandes surfaces alimentaires (2.2 emplois contre 6.5).
Il est malheureusement beaucoup moins aisé d’évaluer les emplois induits par les petits commerces. Certes, ils utilisent aussi des transporteurs pour acheminer les marchandises jusque dans leurs magasins, mais les volumes d’activités sont nettement plus faibles, ce qui rend assez difficile l’évaluation.
Au final, il est intéressant de noter que les succursalistes sont les plus riches en emplois directs et induits. Ce serait donc la forme " petit commerce organisé " qui serait la plus intéressante du point de vue de l’emploi.
Note 1 : Le développement massif depuis 1990 de ce type d’enseignes (elles ne représentaient en 1990 que 4% du nombre total d’établissements, 6% en 1993 et 17% en 1996) est significatif de ce point de vue et pourrait être autant responsable que les grandes surfaces de la diminution du nombre de boutiques de prêt à porter.
Note 2 : Ils représentent à eux seuls près de 50% des emplois induits.