Auteurs : Danielle Kaisergruber, Boris Pincot et Monique Tessier
Délégation à la formation professionnelle ministère du travail et des affaires sociales.
SOMMAIRE
Formation continue dans les P.M.E. : des pratiques divergentes en France et en Allemagne
La formation continue en France et en Allemagne : des enjeux comparables
Bernard Brunhes Consultants propose ici une étude comparative, réalisée à la fin de 1996, sur les pratiques de formation continue dans les P.M.E. en France et en Allemagne. Si bien des divergences séparent les modèles nationaux, comme le montre l’étude, les enjeux associés à la formation continue dans les deux pays sont les mêmes, les obstacles auxquels se heurte son développement aussi.
Formation continue dans les P.M.E. : des pratiques divergentes en France et en Allemagne
En Allemagne, le développement de la formation professionnelle s'inscrit dans un cadre institutionnel peu contraignant et s’appuie essentiellement sur les P.M.E. elles-mêmes. Il n’existe pas, comme en France, d’obligation légale concernant les dépenses de formation continue par les entreprises. Dans l’hexagone, en revanche, les pratiques de formation s’appuient sur un système complexe comportant des règles juridiques (de source législative et réglementaire), des dispositifs de mutualisation des financements (récemment réformés) et des incitations financières.
En France, l'existence d'une obligation légale et le contrôle qu'elle implique rendent difficile une extension de la définition de la formation et, en particulier, la prise en compte des formations en situation de travail. Leur absence en Allemagne, ainsi que la culture de l'apprentissage et du tutorat, favorisent au contraire le développement de formations intégrées au fonctionnement de l'entreprise.
En France, l’obligation légale a jeté les bases d’un système où il apparaît " normal " que non seulement la formation d’adaptation au poste de travail mais aussi, d’une certaine manière, le développement personnel soient des coûts imputables à l’entreprise.
En Allemagne, c’est la responsabilité individuelle qui est mise en avant : les entreprises (et notamment les P.M.E.) laissent les formations à l’initiative des salariés. Cette responsabilisation individuelle s'appuie sur une offre de formation abondante, de proximité et très diversifiée ; elle est, en outre, entretenue par une forte tradition d’éducation populaire.
La formation continue en France et en Allemagne : des enjeux comparables
En Allemagne comme en France, la formation continue revêt un véritable enjeu : la nécessaire adaptation des salariés aux nouvelles technologies, qu’il s’agisse de technologies de production ou de l’information ; l’intégration dans les comportements quotidiens des normes qualité ; le renforcement de l’esprit commercial quel que soit le niveau (...).
Malgré tout, dans les deux pays, le développement de la formation continue se heurte à des obstacles : perception de la formation comme un coût et non un investissement, difficulté à analyser les décalages entre les compétences existantes et celles qui seraient nécessaires à un fonctionnement optimal, crainte d’une désorganisation du fonctionnement de l’entreprise, déficit de dialogue social (...).
Des bases pour élargir la réflexion
Les contrastes sont donc marqués entre deux systèmes construits par les cultures et par les lois. Cependant, au regard des éléments mis en évidence dans l’étude une question se pose : l'obligation légale en France ne fait-elle pas obstacle à l'épanouissement "spontané" de pratiques de formation informelles ou intégrées, dans la mesure où celles-ci ne peuvent pas être reconnues ? La question reste ouverte.
Cette étude est disponible chez
Bernard Brunhes Consultants
89, rue du Faubourg Saint Antoine
75011 Paris. Prix 120 F